Economie (pêche, énergie, transport...)

Après le "miracle islandais", une période plus troublée.

  • En bref

Le 25 janvier 2006, l'Althing a officiellement dénombré 300 000 habitants sur le territoire islandais (ne comptant pas les 10 800 Islandais vivant principalement en Europe, au Canada et aux États-Unis).

Autrefois balbutiante, l’économie de l’Islande fut en quelques années et jusqu'à l'été 2008 florissante à l'excès, bénéficiant d'une financiarisation globale de la société et d'une bulle économique particulièrement marquée. Elle déplorait alors de rester tributaire du secteur de la pêche et dérivés, qui comptent en 2007 pour près de 60% de ses revenus à l’exportation mais s'en félicite aujourd'hui. En revenant aux fondamentaux et sur les bases d'une économie plus saine, les Islandais devraient rapidement remonter la pente, n'étant pas hommes à baisser les bras.

A plus long terme, l'impulsion donnée dans les cercles de décision islandais au tourisme, à l’industrie hors-pêche et aux services devrait se maintenir puisqu'elles permettent ainsi de diversifier l'activité et les revenus à l’exportation (principalement à destination de l’Union européenne, des pays scandinaves, des États-Unis et du Japon).

Si la politique commerciale locale est assez libérale depuis son admission dans l’espace économique européen en 1993 et les accords dits de l' "Uruguay Round" (GATT) qui permirent de faciliter les exportations islandaises, l’agriculture demeure largement subventionnée et protégée (droits de douane s’élevant jusqu’à 700%). Il n'est pas exclu qu'une politique plus minimaliste en termes d'échanges se mette en place dans les prochains mois.

Les chocs pétroliers des années 1970 frappèrent durement le pays, qui enregistra une inflation de 43% en 1974, de 59% en 1980 avant de fluctuer autour de 15% en 1987 et de 30% en 1988. Cette instabilité du niveau des prix incita en 2001 la Banque centrale d'Islande de fixer un taux théorique d’inflation maximum de 2,5%.
Néanmoins, principalement en raison d’un boom immobilier jusqu'en mai-juin 2007, l’inflation réelle a tourné longtemps autour d’un taux élevé (4% en 2005, 6,7% en 2006). Elle devrait retomber très rapidement avec la crise actuelle.

Le sous-sol de l’Islande ne recèle qu’assez peu de matières premières stricto sensu : seules quelques mines de diatomite sont en exploitation, laquelle est favorisée par les capacités en géothermie (à titre d’exemple, 80% de la population utilisait un système de chauffage géothermique en 1991) et hydroélectricité du pays.

La production d’énergie hydroélectrique est permise par de nombreux barrages : les existants Búrfell (270 MW), Hrauneyjarfoss (210 MW), Sigalda (150 MW) et Banda (150 MW), suivi en 2009 d’une plus grande construction, le Kárahnjúkavirkjun (690 MW), au nord du Vatnajökull. L’Islande a envisagé l’exportation de l’électricité qu’elle produit vers le continent européen par un câble sous-marin. Elle cherche aussi à attirer des industries demandant beaucoup d’énergie, tel que la transformation de l’aluminium.

A noter que le pays a été classé le 27 novembre 2007 par le Programme des Nations-unies pour le développement (PNUD) comme numéro un parmi près de 180 pays en termes d'indicateurs de développement humain (IDH). Il succède à la Norvège qui détenait cette place depuis six ans, changement lié aux nouvelles estimations en matière d'espérance de vie, de PIB habitant...

  • Transport

La route constitue le principal moyen de transport des îliens, la route n°1 reliant les plus grands centres habités sur tout le pourtour de la côte tandis que des routes secondaires desservent les villes de plus petite taille et bourgs isolés.

Le transport de marchandises s’effectue beaucoup par cabotage mais se voit concurrencer par les camions, qui s’affranchissent relativement bien des problèmes liés à l’état souvent douteux des revêtements (parfois de simples passages de terre) et soumis aux risques de torrents de boues suite à des fontes brutales de glaciers avoisinant les volcans.

Le ferroutage (ni le transport de passage évidemment) n’est pas pratiqué, le pays ne disposant pas de réseau ferré.

Dans les airs, des vols intérieurs réguliers relient la capitale Reykjavík aux principales villes du pays ; la compagnie aérienne nationale Icelandair assure elle des liaisons de l’aéroport de Keflavík vers l’Amérique du Nord et les pays de l’Union européenne ; moins chère, la compagnie "discount" Iceland Express relie Keflavík à quelques destinations en Europe occidentale telles Londres et Copenhague, parmi les préférées des Islandais en goguette ou en voyage d’affaires.

Enfin, il est à noter qu’il est toujours possible l’été de se rendre en Islande par ferry depuis le Danemark ou la Norvège via une courte escale aux îles Féroé.

La place de l'Islande dans l'économie européenne

L’Islande adhéra à l’Association européenne de libre-échange (AELE) en 1970 avant de valider un accord de coopération douanière avec l’Union européenne (1973). Si l’adhésion à L’Espace Économique Européen en 1994 a permis d’intégrer les principes de liberté réciproque de mouvement des personnes, des capitaux, des biens & services entre l’Islande et les pays de l’UE, le gouvernement islandais s’est pour l’instant tout du moins refusé d’intégrer l’Union, notamment en raison des probables conséquences sur sa politique de pêche.

A noter que l'opinion publique islandaise est "secouée" depuis l'été 2008, surprise par les répercussions locales de la crise des "subprime" US, le peu d'entrain de son allié traditionnel américain à venir en aide au pays sur le plan financier et l'approche plus bienveillante de la Russie (prêt de 4 milliards de dollars) et de l'Union européenne (montant indéterminé). La question de la place de l'Islande au sein de l'UE reste donc plus que jamais d'actualité.

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